• Julie

Comprendre le stress en 5 points clés

Mis à jour : 15 janv. 2019

Le stress, souvent perçu comme un élément négatif et lié à nos sociétés modernes, est en fait un élément essentiel à notre vie et qui existe depuis toujours. On retrouve dans des ouvrages vieux de 3 millénaires l’évocation du stress comme cause de la mort prématurée des personnes … comme quoi!


Le stress qui nous intéresse aujourd’hui est ce qu’on pourrait appeler le superstress. La vie est de plus dynamique, active, nous sommes sans cesse sollicités par les sonneries, images, bruits et nous avons du mal à faire une seule chose à la fois (si, si je sais que tu regardes ton téléphone pendant que tu lis l’article) et à réellement se reposer. En contrepartie, notre vie est devenue plus sédentaire, on pratique moins de sport et l’on passe moins de temps dans la nature.


Ceci dit et comme souvent, il existe des solutions à la fois simples et efficaces pour palier à tout ça. Nous allons dans cet article essayer de bien comprendre le stress, son fonctionnement et ses conséquences sur notre organisme, afin de mieux l’apprivoiser.


1/ Définition du stress


Notre première question est donc : qu’est ce que le stress? Contrairement à ce que l’on pourrait penser le stress est une réaction nécessaire et bénéfique qui se produit dans le corps. Lorsqu’une situation l’exige, le stress permet au corps de se mobiliser et de trouver les ressources pour réagir. Le stress est donc une mobilisation du corps en réponse à un stimuli, à une situation. C’est un peu une mise en tension que l’on pourrait comparer à un arc que l’on bande pour décocher une flèche.

Lorsque le stress permet au corps de réagir, et que l’on trouve une solution pour répondre à la situation, il en résulte en général une sensation de satisfaction, un sentiment de gratification. Le sentiment ressenti est donc plutôt positif. Le corps se nourrit de cette nouvelle énergie pour se préparer à affronter la situation suivante.


2/ Une réponse ancestrale, outil de notre survie


Cette réponse à un stimuli est en fait inscrite en nous, dans notre ADN, dans notre évolution. Si le stress n’avait pas existé, je ne suis pas sure que nous aurions survécu jusque là. Je m’explique : à l’époque où les Hommes devaient aller chasser tous les jours pour se nourrir ou trouver de nouveaux abris … il y avait de fortes chances pour qu’ils tombent sur des obstacles : animaux, éléments naturels, tribus ennemies… Ceci a donc crée ce que l’on appelle la réponse FIGHT / FLIGHT / FREEZE (réponse FFF). N’ayant pas de meilleure traduction en français je vous propose de garder l’utilisation des mots anglais. Lorsque nos chers ancêtres tombaient sur une situation inattendue, ils avaient alors 3 solutions : 



  • FREEZE : fait référence aux quelques premières secondes qui donnent en général le temps au cerveau d’analyser la situation et envisager les différentes solutions possibles. On notera que cette réponse est aussi parfois envisagé par le cerveau comme une solution de survie. Par exemple, à l’origine car les animaux détectent plus souvent les mouvements. En restant calme, leur chance de survie était donc plus grande. De nos jours on retrouve cette réponse lorsque les personnes « gèlent » sur place lors d’un problème. En général ceci est du au fait que le cerveau a analysé la situation comme étant perdue d’avance ou d’une perte complète de contrôle.

  • FIGHT : se battre pour en découdre avec l’ennemi

  • FLIGHT : s’enfuir pour essayer de sauver sa peau (j’espére qu’ils couraient plus vite que moi!)

Quelque soit la réponse choisie, le corps réagit plus vite que l’esprit car pour nos ancêtres pas le temps de chercher à comprendre, il fallait réagir en un battement de coeur. Nous ne sommes donc pas conscient de ce « choix », c’est pourquoi très souvent on ne comprends pas la réponse de notre corps à certaines situations.3/ Le point de bascule : du bon stress au mauvais stress


3/ Le point de bascule : du bon stress au mauvais stress


Mais alors comment en arrive t-on au « mauvais stress »? Le stress s’accompagne de toute une batterie de réactions à la fois physiologiques, neurovégétatives, musculaires et de pensées, qui peuvent produire du bon …comme du mauvais. Comme nous l’avons dit, le stress nous rend plus rapide dans nos réactions, plus créatifs; il fait monter la motivation pour se lancer dans la bataille, il donne envie de se mettre au travail (ce que l’on retrouve dans mon exemple précédent).


Malheureusement, lorsque l’exposition au stress est continue ou bien trop répétitive, le corps s’épuise et laisse place au« mauvais stress ». Celui-ci fait donc face à un excès de stimulation qui peut augmenter jusqu’à nous inhiber dans nos actions au lieu de nous stimuler. Lorsque le mauvais stress apparait, il se traduit par des sensations très pénibles dans le corps que nous connaissons tous, et qui sont souvent accompagnées par des pensées toutes aussi pénibles. Le corps se fatigue, nous avons un sentiment de « surchauffe », il semble impossible de faire quelque chose tranquillement, les pensées tourbillonnent et s’embrouillent.


4/ Les effets sur le corps


Pour bien comprendre les effets du stress sur le long terme, il est important de bien visualiser toutes les réactions qui se mettent en place dans notre corps et notre cerveau lorsque nous rencontrons une situation de stress. Ces réactions, comme nous l’avons vu auparavant, découlent de la réponse F.F.F que notre cerveau va percevoir. Le corps et le cerveau vont donc se préparer pour une fuite ou une bataille potentielle. Il faut bien comprendre que ces réactions physiques et physiologiques sont normales et utiles sur le court terme. Comme nous le verrons plus loin, c’est lorsque le stress est maintenu sur le long terme qu’il faut s’en méfier. 



Sur le long terme, sous l’effet de la tension, des soucis, et des préoccupations plusieurs conséquences peuvent apparaître :

  • Les muscles se crispent et deviennent douloureux. Suivant les sensibilité de chacun et notre faculté à gérer le stress, les douleurs peuvent apparaître à plusieurs endroits:tensions cervicales, dans le haut du dos, nuque, épaules ou alors région lombaire (bas du dos). Les muscles peuvent alors comprimer une autre structure sensible, comme un nerf par exemple (lombalgie).

  • Les douleurs du haut du dos peuvent générer des maux de tête, des petits vertiges ou des troubles de l’audition.

  • Enfin, au delà des douleurs musculaires on peut aussi voir l’apparition de douleurs viscérales, de trouble de la digestion, de dysménorrhées (régles douloureuses), ou de sensations de tension vésicales (oui, oui c’est quand tu vas aux toilettes plus souvent que d’habitude).

Le stress continu et sur le long terme endommage notre cerveau et réduit sa capacité à faire le tri entre de vraies situations de stress et celles qu’il perçoit comme telle, mais qui ne le sont pas.


C’est alors un cercle vicieux : le cerveau ne perçoit plus les fausses situations de stress, la réponse physique est donc plus de stress, et ce stress inhibe de nouveau notre capacité à différencier les situations.


C’est pourquoi il est très important de pouvoir prendre du recul sur les situations, de connaître et reconnaître les conséquences du stress pour mieux pouvoir le contrôler.


5/ Le petit plus : l'effet psychologique


Si vous croyez que la liste s’arrête là, détrompez-vous! Au-delà de toutes ces réactions physiques et mentales, il existe un effet encore plus pervers et quelque part je pense encore plus dévastateur : l’effet psychologique.


C’est la partie du stress qui est liée à la perception des événements. Bien souvent la perception que l’on a de l’événement va déformer la situation, l’amplifiant, nous donnons l’impression que nous sommes dans l’incapacité de faire face, débordé-e par les tâches ou le temps qui passe.



Le stress est donc lié à notre façon de voir le monde, à nos expériences et à notre état de fatigue, qui sont eux directement liés à ce que le corps vous dit. Aussi difficile qu’il soit à accepter, à un certain point nous nous mettons nous même la pression.


De plus, cette pression est elle-même entretenue par une myriade de pensées irrationnelles et négatives comme « je n’y arriverai pas », « je dois être parfait », « ça va être une catastrophe »  Cet ensemble, qui aggrave la situation, définit un état pénible qui finit par s’auto-entretenir. Un cercle vicieux se met alors en place


En général, c’est là que l’on sombre et que l’on doit demander de l’aide. Dans ces situations, nous manquons de recul, de calme et de concentration pour faire face. Il faut absolument s’éloigner de la source de stress pour reprendre le dessus.

©2019 by Décalés, et alors!.
 

Décalés, et alors?

Pour tous les décalés, les sans horaires fixes, les shiftés, les postés à la recherche d'une vie plus équilibrée.